Partage d’expérience du Haut-Karabagh !

Suite à l’expérimentation menée durant le mois d’avril, des activités ont été menées avec un groupe d’enfants de 10 à 15 ans sur la base des activités proposées sur la plateforme Onésime.

Territoire : Arménie, Karabagh, Stepanakert
Caractéristiques de ce territoire : La République du Haut-Karabagh se situe dans le sud-est du Caucase mineur.
Les langues enseignées : Dès la 3ème année d’études secondaires, le russe est enseigné presque au même titre que l’arménien. Outre le russe, l’enseignement d’une deuxième langue étrangère est obligatoire : l’anglais mais aussi le français qui est la langue étrangère la plus enseignée.
Type de participants : Entre 10 et 15 ans
Situation linguistique : Français langue seconde ou d’enseignement

Quelle activité avez-vous animée ou utilisée ? Comment l’avez-vous adaptée à vos participants ?
Dans le cadre du projet de sensibilisation à la francophonie et à la diversité culturelle, 10 élèves entre 13 et 15 ans ont participé à la formation organisée le 14 mai au club francophone de Stepanakert.

Tout d’abord les élèves se sont vu présentés quelques informations générales sur la francophonie, la diversité des langues et des cultures des pays. Puis, ils ont rendu compte du rôle d’une langue, où elle peut être présente, par qui la langue peut être partagée, quel est son rapport avec le pays et sa culture, pourquoi les langues et les mots voyagent etc.
Avant la présentation sur la francophonie, les élèves ont répondu à quelques questions:

Qu’est-ce que c’est la francophonie?
– C’est le jour, quand tout le monde parle en français
– C’est l’union des pays qui parlent français
– C’est tous les pays qui parlent français

Qu’est-ce que c’est une langue vivante?
– C’est la langue qu’on utilise chaque jour
– C’est la langue qui existe

Pourquoi le français est présent sur les 5 continents du monde?
– C’est la conséquence des colonisations

Ensuite, on a divisé les enfants en deux groupes et commencé la première activité : le remue-méninges. Les élèves devaient donner des mots pour chaque phrase suivante. Les réponses étaient en dialecte arménien parce que c’est leur langue du quotidien.
En ce moment c’est la mode de dire…
– Je ne comprends pas les personnes âgées quand elles disent…
– Il y à des mots que j’utilise avec des amis…
– Il y à des mots que j’utilise avec des adultes…
– Les régionalismes que j’ai déjà entendus…

Les élèves ont donné des réponses pour chaque phrase. Ils ont fait cette activité avec beaucoup d’enthousiasme, cela leur a plu de chercher et trouver des mots d’après ces phrases.

La deuxième activité s’appelle « Diversité des langues parlées ».

Sur le tableau on a écrit le mot « bonjour » en arménien et les enfants ont dit ce mot en d’autres langues. Il y avait des « bonjour » en une dizaine de langues. A la question d’où ils connaissaient ces mots, quelques élèves ont répondu qu’ils ont voyagé dans ces pays.
Ensuite les enfants devaient noter des langues d’après les quatre phrases écrites sur le tableau:

– Les langues que je parle
– Les langues que je ne parle pas mais que je comprends
– Les langues que je voudrais parler
– Les langues que j’ai entendues quelques part

La liste des langues devaient être présentée par une image, d’après l’imagination des enfants.
Le premier groupe a dessiné une pomme et la deuxième groupe la Tour Eiffel. Les deux groupes parlent arménien, russe, anglais et français. Les langues qu’ils ne parlent pas mais qu’ils comprennent sont l’ukrainien, le géorgien et l’espagnol. Ils veulent parler chinois, espagnol et hongrois. Les langues qu’ils ont entendu quelques parts sont le turc, l’allemand et le géorgien.
Une élève de chaque groupe a présenté au groupe l’image et les langues par catégorie.

La troisième activité s’appelle « Débat mouvant »

Nous l’avons réalisé selon les règles exposées sur le site Onésime.
Les élèves se sont exprimés très facilement, ils étaient presque toujours vers un coté, ils n’y avaient pas beaucoup de monde au milieu.

Affirmation: « Une langue universelle pourrait réduire les conflits dans le monde »
Réponses:
• Je ne suis pas d’accord, parce que l’exemple de Babylone a montré que même si on parle la même langue, on peut avoir des conflits (Artyom)
• Il y a des conflits même parmi les populations qui parlent la même langue (Lina)
• Pas une langue, mais une religion universelle pourrait réduire les conflits (Sargis)

Affirmation: « Certaines langues sont plus nobles/ belles que d’autres »
Réponses:
• Je ne suis pas d’accord, parce que chaque langue est belle à sa manière(Zara)
• Chaque langue, même notre dialecte a ses particularités (Gor)
• Je suis d’accord parce que la sonorité de la langue arabe n’est pas belle (Sargis)

Affirmation: « Dans 150 ans nous parlerons tous chinois »
Réponses:
• Je suis d’accord parce que les chinois sont très développés, un jour ils peuvent inventer des techniques pour que tout le monde parle chinois (Emma)
• C’est possible, mais dans 1500 ans, pas 150 (Artyom)
• Je ne suis pas d’accord, les scientifiques ont prouvé que dans 30 ans les indiens seront plus nombreux que les chinois (Melani)(A confirmer)

Affirmation: « Le français est davantage une langue de culture, l’anglais est davantage une langue de l’économie »
Réponses:
• Je ne suis pas d’accord, il y a des personnes qui apprennent le français pour faire le « business » (Artyom)
• Pas d’accord. Les français font des « business », alors c’est possible faire business avec la langue française (Lina)
• Je suis d’accord. Le français est la langue d’amour. Je n’imagine pas faire du « business » avec cette langue. Mon père me dit toujours apprends bien l’anglais pour que tu puisses trouver un travail (Melani)

Affirmation: Ça ne sert à rien de parler les langues régionales
Réponses: (Tout le monde étaient vers la coté « pas d’accord »)
• C’est important de garder la langue des régions.
• Les langues des régions sont douces. Il faut les garder.

Quelle a été la réaction des élèves suite aux activités ?
Quand on a commencé la première activité: le remue-méninge, les élèves s’impliquaient lentement, les questions leurs semblaient un peu étrange, mais une fois que j’ai donné un ou deux exemples, ils m’ont attaqué avec leurs réponses, ça leur semblait aussi une activité un peu drôle. Une fois l’activité terminée, ils ont regardé au tableau plein de réponses et m’ont dit qu’il ne se rendaient pas compte de toutes ces catégories quand ils parlent dans leur quotidien.
La deuxième activité – diversité des langues parlées – les élèves l’ont faite plus sérieusement, ils se sont même disputés entre eux sur le fait qu’on ne peut pas mettre la langue si on connait un seul mot de cette langue ou si on a entendu un ou deux mots de telle ou telle langue. Ils ont fait cette « règle » eux même.
Ils ont beaucoup aimé l’activité débat mouvant. Ils la faisaient très sérieusement, en étant très définitif dans leurs réponses et arguments. A la fin ils m’ont demandé si je peux demander au professeur de sciences naturelles a l’école d’organiser leurs débats de la même manière

Quel message voulez-vous partager avec les amis d’Onésime ?
Les enfants ont beaucoup aimé les activités, surtout le débat mouvement. A la fin du cours une élève (Zara) m’a dit « Le temps est très vite passé, on voudrait que les heures des cours a l’école passent autant vite » 🙂

Je voudrais partager avec vous une anecdote:

Un homme qui passe devant un magasin voit un tableau d’annonce « Des salariés requit ». Il entre dans le magasin et demande d’appeler le manager. Le manager lui demande s’il connait une langue étrangère.
-Non, répond-t-il
-Vous connaissez les mathématiques ?
-Non, répond-t-il
-Et pourquoi vous êtes venu?
-Je suis venu pour vous dire de ne pas compter sur moi.