Raconte-moi tes langues ! à l’EPIDE de Belfort

Le 18 mai 2017, le centre EPIDE (Etablissement pour l’insertion dans l’emploi) de Belfort a ouvert ses portes à Onésime pour une demi-journée d’intervention auprès d’une dizaine de jeunes entre 18 et 25 ans. Cet établissement a pour mission première d’inscrire des volontaires éloignés de l’emploi dans une dynamique positive d’insertion. Les activités ont permis de questionner le rapport de chacun avec sa ou ses langues. Des relations et des parcours très divers !

Le ressenti et le vécu des jeunes étaient au centre de cette intervention. L’activité « Raconte-moi tes langues » a permis à chacun de s’exprimer sur quatre affirmations relatives aux langues :

  • Les langues que je parle
  • Les langues que j’aimerais apprendre
  • Mon mot ou mon expression préféré
  • Les difficultés que j’ai rencontrées à cause de ma/mes langue(s) ou de ma façon de parler

Certains n’ont pas eu peur de se dévoiler aux autres et de commenter leurs réponses. Le groupe s’est aperçu de la grande diversité de langues parlées et de l’enthousiasme certain pour en apprendre de nouvelles. Les uns souhaitent apprendre le portugais ou le flamand pour se rapprocher des membres de leur famille ; une autre, fan de mangas, aimerait maîtriser le japonais pour regarder des animes en version originale. Les anecdotes et les souvenirs ont servi de point de départ à des échanges passionnants sur les multiples raisons qui nous poussent à apprendre des langues. La discussion a aussi permis d’aborder la perception des langues, de leurs usages et des enjeux de dé-stigmatisation.

Dans un second temps, les participants se sont penchés sur les conflits liés aux langues à travers une activité de théâtre-forum. Cette technique de théâtre mise au point par le brésilien Augusto Boal invite les membres du public à intervenir dans la scène pour influer sur l’intrigue. Les volontaires ont imaginé des saynètes sur des situations de conflit liées aux langues. Pour dénouer les conflits, les jeunes ont bien souvent proposé de renverser les situations de dominant/dominé et ont également utilisé l’humour pour désamorcer certaines situations. Par cet exercice, ils ont véritablement pris conscience des problèmes de discrimination engendrés par un accent, un bégaiement ou un registre de langage inadapté.

La fin d’après-midi s’est terminée sur une très bonne note pour les jeunes, puisque certains demandaient à prolonger l’intervention. Elle aura permis de débattre sur des sujets de société, comme la discrimination à l’embauche et d’évoquer l’importance du patrimoine linguistique dans la construction des identités.

 

L’équipe Onésime.