La langue française vit constamment au contact des autres langues, au sein des communautés et même au niveau de chaque individu bilingue ou plurilingue. La prise en compte de la francophonie doit amener chaque apprenant à faire l’apprentissage de l’altérité, à prendre conscience de la diversité culturelle et linguistique et à se situer lui même géographiquement et culturellement. Il s’agit ici d’inscrire la langue française dans le paysage linguistique à tous les niveaux : à l’échelle mondiale, mais aussi au niveau de la communauté et de celui des individus.

Les pays francophones accueillent un très grand nombre de langues qui n'ont ni le même statut administratif ni les mêmes fonctions dans l'espace public. Les populations et les individus sont donc locuteurs ou familiers de plusieurs langues et le plurilinguisme est une situation linguistique partagée par la plupart des francophones.

Les langues sont des passerelles vers des univers culturels : il s’agit d‘une représentation de la pensée qui reflète la perception du monde que partage une communauté donnée. Le plurilinguisme permet ainsi l’acquisition de connaissances nouvelles et facilite l'apprentissage de l’altérité. Le plurilinguisme peut être défini, comme dans le Guide pour l’élaboration des politiques linguistiques éducatives en Europe, comme « la capacité intrinsèque de tout locuteur à employer et à apprendre plus d'une langue, à des degrés de compétence différents et pour des buts distincts » et comme « une valeur éducative fondant la tolérance linguistique ».

Comprendre les enjeux de l’acquisition de langues secondes et étrangères ou de la maîtrise de plusieurs langues premières est un enjeu important pour l’éducation interculturelle. Le patrimoine linguistique de chaque personne est un élément de son « identité culturelle » (au sens de la déclaration de Fribourg sur les droits culturels) et il est important de créer des espaces et des temps de dialogue pour valoriser et échanger sur les différentes langues et cultures présentes dans l'environnement propre au groupe afin d'en faire une richesse pour tous.

Le partage de la langue française, parlée sur les cinq continents, permet une communication facilitée entre personnes appartenant à des communautés culturelles très éloignées. Ces personnes se transmettent des messages, des informations et des savoirs, de manière directe sans altération due à une traduction, même si d’autres facteurs (culturelles, sociaux, etc) peuvent néanmoins brouiller le message.

Une langue mondiale, commune au sein d’une aire linguistique qui s’étend sur plusieurs continents, à l’image de la francophonie, de l’anglophonie, de la lusophonie, de l’arabophonie ou de l’hispanophonie, est une grande richesse puisqu’elle permet d’ouvrir des espaces de dialogue et d’actions à l’échelle internationale. Néanmoins, ces grandes aires linguistiques, par leur attractivité, peuvent aussi représenter un danger pour les langues menacées de disparition qui peinent à se transmettre et à s’imposer. Il est essentiel de protéger toutes les langues et ainsi de maintenir les multilinguismes sociétaux et de laisser la possibilité aux individus d’être plurilingues et ainsi d’exprimer et de choisir leur identité culturelle.